• Chapitre 10

    Je me réveille. Le réveil m’indique qu’il est 6h. Je regarde Craig. Mais qu’est-ce que j’ai fait putain… J’ai complètement pété un plomb. Je me redresse, prenant ma tête entre mes mains. Je me lève et me dirige dans la salle de bain. Puis je fonce sous la douche. Qu’est-ce qu’il m’a pris de coucher avec lui bordel ? Je ne sais pas contrôler mes pulsions ou quoi ? Une fois lavée, je sors et m’enroule dans une serviette. Alors que je voulais m’habiller en silence et partir sans le croiser, je le vois debout, un sourire en coin, me fixant, décoiffé, et terriblement sexy vêtu seulement de son caleçon.

    -      -    Tu as eu un appel.

    -      -    De qui ?

    -      -    Je ne sais pas, mais c’était une erreur.

    -      -    Comment tu le sais ?

    -      -    Ils ont demandé mademoiselle Sparks. Je leur ai dit qu’ils avaient dû faire erreur et ils ont raccroché.

    Je fronce les sourcils.

    -      -    Qu’est-ce qu’il y a ?

    -      -    Rien, ce n’est pas la première fois. Elle doit avoir un numéro similaire.

    -      -    Oui, dit-il en s’approchant de moi.

    Il caresse mon bras et approche ses lèvres des miennes. Je tourne la tête.

    -      -    Qu’est-ce qu’il y a ?

    -      -    Rien c’est juste que… On n’aurait jamais dû faire… ce qu’on a fait.

    -      -    Pourquoi ?!

    -      -    Parce que ! Je ne suis pas une fille pour toi !

    -      -    Alexie, arrête !

    -      -    Non Craig, je ne suis pas celle que tu crois…

    Je me détache de lui et laisse ma serviette tomber. J’enfile mes habits d’hier, éparpillés dans la chambre. Puis j’attrape mon sac et pars, sans lui accorder un regard. J’appelle Max.

    -      -    Alexie, le patron veut te voir.

    -      -    Je sais, dis-lui que j’arrive. Et remercie-le aussi pour avoir failli griller ma couverture.

    -      -    Ça sera fait.

    Je raccroche et démarre en trombe. J’arrive à l’agence et me rend directement dans le bureau de mon patron.

    -      -    Mademoiselle Sparks. Asseyez-vous, dit-il sèchement.

    Je m’exécute.

    -      -    Pouvez-vous m’expliquer cela ? dit-il en me tendant une photo de Craig et moi, nous embrassant devant chez lui.

    -      -    Oui. Nous allions rentrer, j’ai vu un homme sortir son arme. Je me suis plaquée à lui pour le protéger mais, il a dû prendre ça pour une invitation à m’embrasser et…

    -      -    Et vous n’avez pas cherché à l’en empêcher bien sûr !

    -      -    Je voulais seulement le mettre à l’abri le plus vite possible !

    -      -    Et pour cela il fallait obligatoirement que vous couchiez avec lui !

    -      -    Vous n’avez aucune preuve que…

    -      -    Avez-vous couché avec lui, oui ou non ? cria-t-il.

    -      -    Oui ! rétorquais-je sur le même ton. Mais je ne vois pas en quoi cela change quelque chose !

    -      -    Je vous avais bien dit que vous ne deviez sous aucun prétexte sortir avec lui !

    -      -    Je sais, je sais…

    Un blanc s’installe. Je le brise.

    -      -    Je veux arrêter. Je veux arrêter cette mission, tout lui dire.

    -      -    Je vous l’interdit.

    -      -    Mais vous ne pouvez pas me forcer à continuer à lui mentir maintenant que…

    -      -    Oh que si ! Si vous arrêtez, vous savez très bien ce qu’il va arriver.

    -      -    Non, qu’est-ce qu’il va arriver ?

    -      -    Il va mourir, dit-il simplement.

    Mon cœur se serra.

    -      -    Vous ne pouvez pas !

    -      -    Ah vous croyez ? Si vous lui avouez, il ne voudra plus vous revoir, ce qui veut dire plus personne pour le protéger, donc il va mourir. Vous tenez à lui n’est-ce pas ?

    -      -    Je… Oui, dis-je en détournant mon regard du sien.

    -      -    Alors obéissez aux ordres ! hurla-t-il en frappant les poings sur son bureau.

    Je sursaute. Je le fusille du regard et pars en courant. Je fonce dans ma voiture et roule jusqu’à chez moi. Je me change et vais jusqu’à la salle de sport. Les larmes inondent mes joues mais je m’en fou. J’enfile les gants et je frappe, je frappe de toutes mes forces dans ce foutu sac de sable. Je ne sais pas combien de temps je me défoule sur lui, mais la seule chose que je sais, c’est que quelqu’un est venu me déranger en posant sa main sur mon épaule. Je me retourne, furieuse, et le vois devant moi. J’ai un mouvement de recul.

    -      -    Alexie, s’il te plaît…

    -      -    Je suis désolée, je dois y aller, dis-je en prenant mes affaires.

    -      -    Ecoutes-moi, dit-il en saisissant mon bras fermement. Cette nuit c’était… Parfait, pour toi comme pour moi, avoues-le ! Alors je comprendrais si tu ne veux pas continuer, si tu veux juste qu’on soit ami, mais ne me laisses pas, je tiens trop à toi pour te perdre maintenant. Je t’en supplie Alexie.

    -      -    Craig… Je ne veux pas te faire de mal.

    -      -    Mais Alexie, ouvres les yeux ! Tu me fais du bien, énormément de bien même ! Je suis heureux quand tu es là, toutes ces sorties, ces soirées film, ces courses dans Central Park, ce sont des moments comme ceux-là qui me font du bien. Et tous ces moments, je les passe avec toi.

     

    Je sens mes larmes revenir à l’attaque. Il me serre contre lui, m’embrassant les cheveux. Je vais craquer. Les paroles de mon patron me reviennent en tête. Je tiens moi aussi trop à lui pour le perdre, de quelque façon que ce soit.


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