• Je dois vous en parler.

    Bonsoir à toutes et à tous.

    Comme vous le savez, je suis en prépa. Et je ne sais pas si c'est ça, ou si c'est le fait de partir de chez moi, ou d'avoir quitté mon ex, ou un tout, mais j'ai changé. Bordel que j'ai changé, j'ai plus changé en 5 mois qu'en 18 ans de vie je trouve. Mes passions pour l'écriture, le dessin, la couture et la cuisine sont restées, mais ont changés elles-aussi, c'est maintenant un moyen de survie, bien plus qu'avant. Mon comportement a tellement changé, mes amis les plus proches me l'ont d'ailleurs confirmé. Je m'en fou de tout. Plus rien n'a vraiment d'importance. Je me détache très vite des choses, des personnes, aussi vite que je m'y attache, enfin pour certaines seulement. Ma relation au temps à tellement été modifiée aussi. Tout est une course contre la montre, les moments de détente ne le sont plus, je regarde presque constamment ma montre. Quand je suis à l'internat, le temps semble se dilater, et s'étirer en même temps. C'est tellement étrange. Le pire ? Mon coeur et ma tête ne sont absolument plus en accord. Je fais des choses auxquelles je n'aurais jamais même osé penser 6 mois auparavant. Des choses bien, telles que sortir sans maquillage et me sentir très bien, sortir en jogging dans la rue pour aller faire des courses et de m'en foutre du regard des autres, sortir en boîte en semaine, mais aussi des choses moins cool. Enfin, tout dépend du point de vue qu'on adopte sur cet épisode, et je dois avouer, ne pas encore arriver à savoir quel point de vue adopter. En boîte, l'avant veille des vacances, à ces fameuses soirées étudiantes du jeudi soir, où tout le monde est passablement bourré, où tout le monde danse parce que tout le monde est fatigué, en a marre, veut rentrer chez lui, j'ai fait une bétise, quelque chose que je sentais venir. Parce qu'en ce moment, ça ne va pas. Pas du tout. J'ai un terrible manque d'affection, je me renferme, je m'éloigne des autres, parce que ça fait mal de trop s'attacher. Des problèmes de famille, plus le stress, plus la fatigue, j'étais à deux doigts de craquer, et même mes notes qui remontent, plutôt bien je dois l'avouer, puis j'ai majoré un DS, (de français certes, ce n'est pas le mieux en prépa scientifique mais tout de même), j'ai fait un top 3 en anglais, un top 20 dans ma matière scientifique principale, mais je m'en fou, mais alors qu'est-ce que je m'en fou de mes notes ! ça n'a tellement plus d'importance pour moi, plus rien n'a d'importance. Et ce soir, j'ai craqué. Ce n'est rien, enfin, ça ne parait rien pour les autres, mais pour moi, ça a été comme la chanson, vous savez, Comme un ouragan. Comme le Ice Bucket Challenge de YouTube. J'ai embrassé un mec de ma classe, en plein milieu de la boîte, devant tout le monde. Et le pire ? Je n'étais pas bourrée, j'étais presque clean, même si ma tolérance à l'alcool est vraiment très basse, je n'étais pas bourrée. Et j'ai fait ça, parce que j'en avais envie, parce que mon coeur et mon cerveaux n'ont pas pensé une seconde à concerter ma conscience. Et je me suis retrouvée à courir dans les rues de ma ville, à 2h du matin pour fuir cet endroit, pour fuir ma connerie. Et le pire ? Il me plaît ce con, mais je sais très bien que ça n'ira pas plus loin. Et ça fait maintenant deux semaines que je me torture le cerveau pour absolument rien, parce que, qui voudrait de moi après tout ? Ah oui, un autre aspect, j'ai gagné une certaine confiance en moi en ce qui concerne les cours, mais elle est tellement illusoire. C'est tout simplement un masque que je mets chaque matin, ou plutôt chaque dimanche soir pour retourner au lycée. Et ça, personne ne le sait. Mais quand je suis seule, sous ma douche, au fond de mon lit pendant ces très nombreuses heures d'insomnies, mais qu'est-ce que je doute, et qu'est ce que je pleure. Je lance quelques signes, malgré moi, sans m'en rendre compte, et certaines personnes ont vu, mais j'ai développé tellement de techniques pour fuir les questions, que personne ne sait vraiment. 

    Lors d'une de mes colles, de français, avec une prof totalement inconnue. Elle a cru me cerner, en 30min, elle a cru me cerner. Et elle m'a dit des choses, absolument magnifiques, sur ma force de caractère, prétendant que j'avais une réelle force en moi, une capacité immense d'adaptation, parce qu'après une première partie totalement ratée, j'ai rebondi, m'a fait des éloges sur mon travail et m'a mis une très bonne note. Mais vous svaez quoi ? Je suis sortie et j'ai fondu en larmes. Devant elle, je souriais, mais parce que j'avais envie de pleurer. J'ai eu à peine le temps de rentrer dans ma chambre, que j'ai pleuré, toutes les larmes de mon corps. Parce que je savais qu'elle mentait. Je ne suis pas forte, je suis d'une faiblesse immense. Je fais seulement semblant. Mais ce qui me rend le plus triste ? Faire tellement bien semblant, que personne n'arrive à voir à travers. Personne n'arrive à voir qui se cache vraiment sous les couches de carapace que j'ai mis tant d'années à me construire. Personne ne tient assez à moi pour voir que j'ai juste besoin, tel un enfant, d'être aimée, parce que j'en ai déséspérément besoin. J'ai un terrible besoin d'être rassurée. Qu'on me dise que tout ira bien, que je ne suis pas si inutile sur cette terre que je le pense, que je compte vraiment pour quelqu'un. Certes, j'ai un meilleur ami parfait, en or, mais ce n'est pas ça. Il a beau me répéter que je suis quelqu'un de très bien, je ne le crois pas. Pourquoi ? Parce que personne ne veut de moi. Personne ne s'interesse à moi. Et ça fait mal. ça fait tellement mal. 

    Ces années sont peut-être les plus belles de ma vie, j'ai rencontré des personnes géniales, je passe des très bon moments, mais j'ai bien peur que ce soient aussi les pires, celles qui vont peut-être me briser, me changer à vie. J'ai cru que le pire était derrière moi, que rien ne pouvait être pire que le harcèlement scolaire, que les scarifications et que les tentatives de suicides, mais je me suis trompée. Oh que oui, rien n'est pire que la solitude, se sentir seule alors que vous êtes entourée, se sentir seule au milieu des autres.

    Je crois que je vais vous laisser ici, parce que ça fait bientôt dix minutes que je pleure devant mon écran, à vous dévoiler ce que personne ne sait, qu'il est une heure du matin, et que j'ai un DM de physique à terminer, et une énième isomnie à gérer.

    Ne faîtes pas attention aux fautes s'il vous plaît, je ne me suis pas relue et je n'en ai pas le courage.

    Xx Je vous aime... 

    Mary.

     


  • Commentaires

    1
    Vendredi 3 Mars 2017 à 12:14

    Je ne sais pas vraiment quoi te dire. C'est vrai que la prépa, en soi, c'est éprouvant. Et si en plus ça ne va pas bien à côté, forcément ça n'arrange pas les choses. Mais tu vas y arriver, tu vas réussir à surmonter tous ces soucis qui t'encombrent, je suis certaine.

    J'en suis sûre pour une raison très simple : tu es quelqu'un de fort, contrairement à ce que tu penses. Être fort, ça ne veut pas dire que rien ne te touche, que rien ne t'atteint, que tes sourires sont toujours sincères et ton esprit toujours serein. Dis-toi bien que personne n'est comme ça de toute façon, il y en a qui ont des vies plus faciles que d'autres, forcément, ça aide, mais ça ne fait pas tout. Être fort, ça veut dire savoir cacher ses faiblesses, comme tu l'as fait devant cette prof de français, ou comme tu le fais très souvent. Mais les plus forts ont une faiblesse, ils sont plus solitaires que ceux qui ont besoin de quinze mille personnes à leurs côtés chaque fois qu'ils fondent en larmes. Ce n'est pas facile de trouver le juste milieu entre ces deux extrêmes, il faut parvenir à s'entourer des bonnes personnes. En attendant de les trouver, et ça ne se fera pas tout seul, il faut que tu comptes sur toi-même, et tu vas y arriver parce que tu es forte, sois en certaine.

    Tout ça me fait penser à une chanson, ou plus précisément au refrain d'une chanson : "C'est ta chance", de Jean-Jacques Goldman. Je t'invite à l'écouter si tu ne la connais pas, elle est vraiment belle.

    Je te souhaite beaucoup de courage, continue à t'accrocher, tu vas y arriver.

      • Samedi 4 Mars 2017 à 13:08

        Mile merci pour ton commentaire, c'est vraiment adorable.

        Je viens de l'écouter, et c'est vrai qu'elle est très belle cette chanson.

        Merci pour tout.

        Xoxo Mary.

         

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