•    J’ai envie et besoin d’écrire. Mais je ne sais pas quoi écrire. Alors je vais écrire comment je me sens. Je me sens mal, malheureuse. J’ai envie de pleurer en permanence, cette impression que je ne vais jamais arriver à réaliser mon rêve, que je vais me planter en beauté à tout ce que je vais entreprendre. J’ai peur. Terriblement peur de l’avenir, de sortir de mon quotidien, de ma zone de confort. Et plus le temps avance, plus j’ai l’impression de m’éloigner de mon rêve. Personne ne comprend j’ai l’impression. J’ai cette impression de vivre à 100 à l’heure, mais de tout louper. J’ai l’impression d’être nulle, pas à la hauteur. Je n’aurais jamais rien dans la vie. Mais je dois me battre, je le veux. Mais j’ai l’impression de ne pas en avoir la force ni la capacité. J’ai l’impression d’être insignifiante pour les personnes qui comptent le plus pour moi. J’ai l’impression que je dois changer. Je dois faire le point dans ma vie mais je ne trouve jamais l’occasion. Les cours de philo m’embrouillent, me font me remettre en question, trop. J’ai l’impression que je ne vais jamais arriver à quoi que ce soit. Je veux quitter le lycée, tous ces gens que je crains, mais je ne veux pas quitter mon petit quotidien, ne plus avoir le temps de faire ce que j’aime. Mais c’est un sacrifice à faire. J’ai peur. Je n’ai que 17 ans mais j’ai déjà l’impression d’en avoir 40. Je vais au lycée la peur au ventre. J’en reviens avec le même sentiment. Je n’ai pas d’endroit où je me sente réellement bien. J’ai l’impression de tout vivre par procuration, de ne plus savoir pourquoi je veux faire ces choix et pas d’autres. Je suis perdue en somme. Mais le problème, c’est que ce n’est pas le bon moment du tout pour être perdue. Ça ne l’est jamais mais là, des choix cruciaux vont se présenter à moi, serais-je en mesure de prendre les bons ? J’ai l’impression que je vais rater ma vie, mais je ne veux pas. Je veux prouver, à qui je ne le sais pas, que je peux arriver à quelque chose. A tous ces gens qui m’ont prises pour une moins que rien, qui m’ont sous-estimé, je veux y arriver. Mais je ne sais pas si je fais ces choix pour moi ou pour les autres. J’ai l’impression que ce « moi » n’existe pas. Le problème c’est que j’aime tout. J’aime les matières littéraires comme scientifiques. J’aime travailler, mais j’aime aussi cuisiner, écrire, lire, dessiner, mais je ne sais pas si je peux concilier les deux. Je me sens insignifiante et perdue.

     


    4 commentaires
  • Tout m’est revenu dans la figure d’un coup. Je me sentais tellement mal. Ces deux notes en dessous de la moyenne coup sur coup, la crise d’angoisse devenue crise d’asthme, les larmes, les envies de suicide, de scarification, cette sensation que j’étais une moins que rien, que je décevais sans cesse mes parents. J’ai hésité à aller en parler à l’infirmière, pour avoir un avis extérieur. Mais pourquoi ? Pour qu’elle me donne un cachet pour les nerfs et qu’elle me renvoie en classe ? Non merci. Et puis comme toujours, à chaque fois que je vais mal, je me demande pourquoi. Pourquoi ils n’ont pas vu plus tôt qu’elle avait ce cancer généralisé, pourquoi ils n’ont pas vu les cailloux de sang dans son cerveau alors qu’elle faisait des analyses régulièrement, pourquoi ils n’ont pas essayé de la sauver ? Je me demande même si mes parents m’ont dit la vérité. Depuis que je sais que ma mère m’a déjà menti à propos de quelque chose comme ça, je ne lui fais plus entièrement confiance. Au final, je n’ai peut-être pas encore dépassé cette phase de colère. Tout le monde est déjà passé à autre chose dans ma famille, on y pense encore, on va au cimetière mais… On m’a tellement fait remarqué ma ressemblance avec elle, que ce soient nos sals caractères, nos talents de cuisinière ou de couturière, ou encore ces yeux verts… Et j’ai honte parce que son visage est en train de s’effacer de ma mémoire, même si j’essaye de toutes les façons de le retenir, il me glisse entre les doigts. Je m’y identifie et … Chaque fois que j’entends son prénom, que je vois cette date, ou que je vais le voir dans cette maison, je me sens mal. Cette chanson que j’ai écouté juste après, qu’ils m’aient dit qu’ils allaient la débrancher, le matin où l’hôpital a appelé et que ma mère n’a pas voulu me le dire, mais je le savais, je le sentais, après l’avoir vu une dernière fois dans cette chambre funéraire, éclaté en sanglots et être obligé de sortir, voir mon père, mon oncle si mal, mon grand-père aussi. Et dire que je passe devant tous les jours, je ne peux pas ne pas avoir ce petit pincement au cœur. Quand j’ai dû y retourner plus d’un an après pour quelqu’un d’autre, je ne pensais pas que ce serait aussi dur. J’ai tellement écouté cette chanson qu’à chaque fois que je l’entends, des milliers de frissons me parcourent le corps, je perds mon sourire immédiatement, et je change de chanson. Je ne peux plus l’entendre. Je m’en veux toujours d’avoir préféré m’envoyer en l’air avec mon copain plutôt que d’aller la voir cet après-midi, une semaine avant, même si je ne savais pas, j’aurais dû y aller. Mais non, je suis égoïste. Et quand ils m’ont appelés pour me dire qu’elle était à l’hôpital, je n’ai pas répondu, je n’ai pas entendu, j’avais ma musique à fond. Puis quand j’ai réalisé, c’était trop tard. Et je m’en veux, je m’en veux tellement. Quand on a débarrassé ses affaires, j’aurais voulu récupérer plus d’affaires, mais rien que ce tablier brodé, c’est déjà beaucoup, cette machine à coudre aussi, c’est tellement important pour moi, je ne voulais pas que ça parte à quelqu’un d’autre. C’est encore une fois très égoïste mais je ne pouvais tout simplement pas. Je me souviens encore de la haine que j’ai éprouvée pour mon autre partie de la famille, comment leur vrai visage s’est révélé après sa mort. Je ne leur parle plus depuis.

    Depuis une semaine, je ne mange presque plus, je n’ai plus faim. La moitié de mes portions d’avant me donne la nausée. Je n’y ai plus le goût, je suis stressée sans arrêt. Je crois que je me mets trop de pression. Et je crois que cette partie de ma vie joue beaucoup. Mais aussi mon éducation. Ma sœur est comme moi. Nous n’avons pas confiance en nous. Nos parents s’en étonnent. Mais comment est-ce qu’on peut quand on ne nous félicite jamais, quand on nous fait sentir, même si c’est de l’humour, qu’on pourrait toujours faire mieux. Et le pire, quand on foire quelque chose, nous enfoncer encore plus. C’est ça le pire, ne pas être soutenu par ces parents. Après ça, ils s’étonnent encore qu’on ne leur dit rien, qu’on veut partir de la maison. Mais ils n’ont pas de recul, ne se remettent pas en question. Non, je ne dis pas que tout est de leur faute mais je pense que ça compte quand même.

     

    Voilà, j’ai fini mon monologue inutile mais j’en avais besoin. Ça fait trop longtemps que je garde ça pour moi. 


    2 commentaires
  • La beauté est partout. Pourquoi est-ce qu’on ne se focalise que sur les « défauts » de quelqu’un ? Des choses qui sortiraient, il paraîtrait, de la « normale ». Quand on parle de un tel ou un tel qui aurait un nez trop grand, de trop grosses cuisses, qui serait trop petit, selon cette même « normalité », encore et toujours. Pourquoi est-ce qu’on ne se focalise que sur ces petits détails et pas sur les qualités que chacun a. Parce que tout le monde a des qualités. Tout le monde est doué dans quelque chose. Tout le monde a quelque chose en lui de beau. Pourquoi de cette fille un peu trop ronde pour la « normale », toujours cette bonne vieille normalité, on ne retient pas plutôt son joli sourire, sa joie de vivre toujours débordante, sa voix magnifique, sa façon de tout relativiser ? Chacun a des dizaines de qualités. Pour certains, elles sont plus visibles que pour d’autres mais qui peut savoir que ce garçon, un peu timide car complexé, fait les meilleurs gâteaux du monde, sait faire des dizaines de problèmes de maths en moins d’une heure, que cette fille qui a soit disant de grosses cuisses, un nez trop grand ou que sais-je, chante comme personne, dessine à la perfection, écrit des textes magnifiques le soir dans sa chambre, seule. Il ne faut jamais se fier à des préjugés, ni à sa première impression. Toujours les dépasser et essayer de passer outre les dictâtes de la société, oublier cette « normalité » qui n’existe pas, car elle n’a aucune raison d’être.

     


    6 commentaires
  • En ce moment, je me sens égoïste, je ne pense qu'à mon avenir, à mon bac, à mon propre stress et là, bam. La nouvelle qui remet tout en question. Cette putain d'annonce qui vous fait prendre conscience que non, ça n'arrive pas qu'aux autres, que l'on peut perdre ses proches d'un jour à l'autre, même s'ils sont jeunes, en bonne santé, cette saleté de cancer ne vous demande pas votre avis. Et quand j'ai réalisé, j'en ai fait un malaise tellement ça m'a secouée. Et on n'a beau me dire que c'est bénin, qu'elle n'a rien, et bien merde, on ne sait jamais, ce non là n'est pas un non rassurant. Et j'ai l'impression que mes notes ne sont plus importantes, que mon avenir ne doit plus être ma priorité, mais que je dois d'abord penser à ceux qui m'entourent, et en profiter le plus possible, parce que merde on ne saura jamais de quoi sera fait demain. 

    Alors si je ne pouvais vous dire qu'une chose, c'est de passer du temps avec ceux que vous aimez, et vivez bordel. Vivez temps que vous le pouvez. 

    Xx. Mary avec le coeur lourd et la gorge serrée.


    votre commentaire
  • En relisant mes cours de philo pour le bac blanc, je me suis rendue compte que, sans que je m'en apperçoive réellement, cela avait beaucoup influé sur ma vie. Surtout Le Banquet de Platon. C'est exactement ce que j'essaye de faire. Trouver de la beauté partout, chez n'importe qui, dans n'importe quel acte. C'est pour ca que j'aime autant la philo, parce qu'elle ne fait réfléchir, elle nous pousse à grandir, à penser par nous même. C'est pour ca que je ne comprends pas les gens qui critiquent ça, qui disent que le prof nous impose sa manière de penser. Non, il nous présente des théories pour que nous nous forgions notre propre opinion, pour que nous y réfléchissions, pour nous pousser à nous remettre en question. C'est pour ça que je pense que la philo devrait être une matière enseignée au moins dès la seconde, parce que nous avons besoin de ça pour nous construire en tant qu'adulte. Nous avons besoin de penser par nous même, de faire nos propres expériences. On a le droit de ne pas être d'accord, mais toujours en argumentant, et pas seulement en disant, "tu ne dis que des conneries". Non, on peut tout accepter s'il y a derrière une justification et un raisonnement. Sinon, rien n'est valide. 

    Sur ce, je vous laisse, j'ai encore des révisions... 

    Xx Mary.


    2 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique